Catégorie : Floride

KISSIMEE : 615 kms

FLORIDE – Part 2 – 615 km (ceci est la distance cumulée depuis Miami…)

  • 15 Février : camping avant Punta Gorda ; jour de repos chez les pouilleux
  • 16 Février : avant Punta Gorda – Arcadia ; 55 km
  • 17 Février : Arcadia – State Park de Hardee Lakes ; 79 km
  • 18 Février : State Park de Hardee Lakes – avant Lake Wales ; 70 km
  • 19 Février : avant Lake Wales- Wissimee (banlieu d’Orlando) ; 71 km


Arrivés sur la cote ouest de la péninsule à Arcadia, on se retrouve dans un camping qui semble pour le moins très bien achalandé avec un magasin qui vend un peu de tout. La nuit nous coutera la modique somme de 38 dollars. On n’a encore jamais payé autant. La nana de l’accueil nous sort le plan du site et nous explique que comme nous sommes en vélos, nous n’avons pas à ou nous installer sur les emplacements réservés au camping car, ni sur la prairie avec les tables et les abris, mais de l’autre coté du parc. On voit alors sur le plan un dédale de petits chemins qui sillonnent dans le méandre de la rivière. A première vue, le secteur nous semble idyllique.

On se dirige donc vers notre petit coin de paradis. Je me fais interpeller par un vieux dans sa voiture de golf (moyen de locomotion préféré des gens dans les campings). Comme je ne pane rien à ce qu’il me dit, je continue ma route. Deuxième vieux dans sa voiturette qui nous interpelle. Cette fois-ci, Pierrot s’arrête et l’informe que oui, nous nous étions bien enregistrés et avions payé notre écot à l’accueil. Le premier vieux arrive alors en trombe dans sa voiturette et exige qu’on lui présente séance tenante le reçu du camping. Parce que quand même, on ne va pas lui faire. Les deux pouilleux en vélos qui sentent en dessous des bras, ils ont bien une tête à resquiller. Malgré l’âge très avancé des deux vieux, ils semblent bien qu’ils soient salariés du parc. Une fois qu’on leur a bien prouvé que nous sommes en règle, nous continuons notre route sur une piste sablonneuse. On arrive ensuite sur le fameux secteur avec les petits chemins sinueux. Rapidement, le sable est de plus en plus meuble et on s’épuise à pousser nos vélos. On se croirait retournés aux heures les plus épiques de la traversée de l’Argentine. Finalement, on se pose comme deux crottes dans un coin à peu près plat avec trois touffes d’herbe pour monter la tente. C’est seulement à ce moment là que nous avons compris que nous n’étions pas sur des chemins de promenade mais sur un circuit de quads. Toute la fin de la journée, ce sont des buggys, des quads, des voitures pétaradants autour de notre tente. Ca reste pour le moment le camping le cher et le plus pourri qu’on ait pu faire. A ce jour, je me demande encore si il n’y a pas eu un problème de compréhension avec la nana de l’accueil qui finalement nous aurait dit « n’allez surtout pas vous installer dans cette zone, c’est super bruyant, vous allez avoir du sable dans les chaussettes, le premier robinet d’eau est super loin et vaut mieux pas avoir une envie pressante pour atteindre le premier chiotte ». Mystère …

Quand nous reprenons la route le lendemain, nous empruntons enfin des voies moins fréquentées par les voitures.

Alors que jusque là nous n’avions quasiment pas à utiliser notre dérailleur tellement le relief était plat, nous arrivons maintenant dans un profil à bosses. Bon attention, ce n’est pas les Ardennes non plus.

Une odeur pas désagréable mais entêtante nous submerge. Au début je pensais qu’il devait y a voir une usine St Marc dans le secteur tellement l’odeur était forte. Et ben finalement pas du tout. Pendant des jours, nous longeons des kilomètres et des kilomètres d’orangers. Certains arbres sont en fruits alors que d’autres sont en fleurs. Certains champs sont bien évidemment clôturés, d’autres sont sous surveillance vidéo. Bref, le tarif pour celui qui choure des oranges c’est 200 dollars avec en prime un coup de fusil dans les fesses (en tout cas, on imagine).

On s’en fout, on a notre réserve de fruits du cycliste : la banane. Elles sont excellentes. Rien à voir avec ce qu’on peut manger en métropole. Ca se voit qu’elles n’ont pas à voyager en cargo à travers l’Atlantique avant d’être consommées.

 

Béa – Dimanche, 16h30 : « Quand je pense à tous ces couillons qui vont bosser demain matin sous un ciel gris par moins 4° C… »

 

On rencontre pas mal de difficulté pour trouver des campings qui nous acceptent. Enfin, ce n’est pas vraiment nous le problème, pensez donc avec les bonnes têtes qu’on a, mais plutôt notre tente. On ne s’arrête même plus sur les « RV resort » ou «  RV park ». Ce sont en général des campings réservés au camping car ou mobil home. Il faut en général que ça soit spécifié « campground » pour pouvoir espérer planter un piquet. Quant à tendre un fil à linge, on risque l’expulsion directe du pays. Alors que la chaleur ambiante peut faire sécher nos petites culottes et nos tee shirts en mérinos en une heure, on est prié d’utiliser les sèches linge. Ben voyons, du mérinos dans un sèche linge. Ca va pas la tête. Plusieurs fois nous nous sommes fait refouler de ces campings. Il n’y a pas vraiment de règle, c’est un peu au bon vouloir du gérant. En général, si c’est une enfilade de camping car rutilants de quinze mètres de long avec des petites barrières croquignolettes où tout est bien propret sans un brin d’herbe qui dépasse, ce n’est même pas la peine d’essayer.

Par contre si le bureau d’accueil est un peu crado avec une gamme de camping cars assez disparate, il y a moyen de négocier. Arrivés dans un l’un de ces RV park, on rencontre le gérant, plutôt bonhomme et enthousiaste devant l’exposé rôdé de notre projet. Mais pas possible de planter chez lui. « Oui, mais si c’est juste pour une nuit, là dans votre jardin derrière chez vous pour que personne ne nous voit ? » « euh, laissez moi réfléchir, … ben non, ce n’est pas possible ». J’avais repéré sur google map quelques jours avant la présence d’un state park qui offrait des possibilités de camping mais sans eau. Comme on apprend super vite de nos erreurs, on s’assure d’avoir bien le plein d’eau et on se dirige vers le fameux parc.

Deux nanas à l’accueil nous reçoivent mais nous informent qu’il n’y a pas de possibilités de camping, c’est juste pour les groupes. A nouveau, impossible de négocier. C’est la règle. Par contre elles passent dix minutes à appeler un peu partout et nous trouve une solution dans un autre state park. Bon ok, ce n’est pas sur notre route, bon ok il faut encore faire un détour de vingt kilomètres, mais nous n’avons pas réellement le choix. A part celui de passer la nuit dans un motel. « Pierrot, … un motel, … une nuit dans un vrai lit » « NAAANN, ça coute trop cher ». Je vous l’avais dit : pas le choix.

On découvre également quelques jeux rigolos. On vous a déjà montré la photo du match du cricket dans le denier article. Dans les campings, l’équivalent de la pétanque reste pour eux le « lancer de fer à cheval »

Dernièrement nous avons été initiés au « shuffleboard ». J’ai mis environ une demi-heure pour comprendre les règles et encore quand j’y pense c’est Pierrot qui me l’a expliqué en français après observation d’un match en cour. Donc ce soir là, ils jouaient avec les règles épurées. Par équipe de deux, on lance à l’aide d’une longue canne des palets et on compte cinq points par palets qui touchent une ligne. Mais si le palet touche la ligne du fond, on retire 10 points.

Après une partie acharnée où finalement le score entre l’équipe de Pierrot et la mienne se solde par un 75/75, le mari de Suzanne veut à toute fin nous expliquer les règles officielles. Ouais ben t’es bien gentil coco, mais là il est 20h45. Normalement ça fait deux heures qu’on dort.

Ah oui, qu’on vous explique. Le matin, on se lève avec le soleil entre 6h30 et 7h00.

Lever de soleil depuis la tente

Le temps de se préparer, de manger et de ranger nos affaires, ça nous prend environ 1H30. On roule ensuite toute la matinée, « à la fraiche ». Pause  déjeuner à midi dans un fast food quand on en trouve ou un casse croute tout droit sorti de nos sacoches.

Pause Patty Melt du midi

On roule encore une heure ou deux puis on s’arrête dans un camping pour glandouiller.

A 17h30, préparation du repas car en général dès le coucher du soleil les moustiques attaquent en escadrille.

sans oublier l’apéro qui va bien, avant …

Donc à 18h30 si on n’est pas enfermé dans la tente, c’est la misère. Quoique depuis deux ou trois soirs, les moustiques nous laissent un peu de répit. Ce qui fait que vers 19h30 ou 20h00, on dort du sommeil du juste.

Pierrot – Mardi à la piscine du camping : « Ce que je préfère aux USA, c’est que j’ai l’impression d’être tout maigre ! Voire maladif ! »

 

 

 

Premier bilan sur la vie aux USA

 

Bien… Voilà, comme je n’ai rien à dire, comme à chaque fois que cela arrive, je fais un bilan.

Mais je vais d’abord vous expliquer d’où vient cette sécheresse narrative. Si je n’ai rien à dire, c’est qu’habituellement, je trouve les idées sur le vélo… Si, si, vous savez ! L’abrutissement de l’effort ! On pédale, on pédale, c’est difficile, difficile, ça fait mal aux cuisses, les tendons tirent, les genoux grincent, et puis… POP !!! On n’est plus là… On n’est plus sur le vélo… On flotte au dessus ; on a DéCORPORé ! Et là ! Noël ! Noël ! Plus de douleurs ! Plus de misères ! On flotte et on écrit des articles désopilants dans sa petite tête toute décorporée ! Le seul souci, c’est de s’en souvenir pour les écrire dans le prochain article.

là non plus, on n’a pas fait demi-tour

Seulement, voilà, depuis mon ODLM (otite de la mort), même si la douleur a fini par presque totalement disparaître, mon oreille reste perpétuellement bouchée… Comme si elle était soumise à une trop forte pression. J’ai continuellement la tête dans une boîte, et quand je parle, ça me résonne affreusement dans l’oreille. Le problème principal est que cette OP (oreille pressée) empêche de façon totale et inconditionnelle une quelconque décorporation ! Donc Bilan !

Mais si ! Suivez un peu bordel ! Oreille pressée donc pas de décorporation, donc pas de tête qui flotte, donc pas d’histoires désopilantes inventées, donc rien à dire, donc bilan !

 

Alors… Juste 2 points hein ! Un négatif et un positif. Je vais garder un peu de bilan sous le coude, au cas où, pour les articles suivants…

  • Les Moteurs : tout le temps ! Partout ! Le jour, la nuit ! Sur les routes, dans les villes, dans les campings ! Des moteurs ! Des moteurs ! Des moteurs ! La Floride n’est pas vraiment « bike friendly ». Ce qu’ils appellent « piste cyclable » est ce qu’on appelle en France « Bande d’arrêt d’urgence d’autoroute »… Nous ne voyons que très très rarement de gens marcher, les trottoirs (quand il y en a) sont vides. Peut-être est-ce spécifique à la Floride, mais dans les campings, tout le monde utilise une voiturette de golf (on parle de « boxes »). Une nuit, dans un state park, nous avons entendu notre voisin démarrer sa voiture et partir avec. Il revenait cinq minutes plus tard. Nous avons deviné qu’il l’avait utilisé pour aller aux toilettes (situées à 100 m !) Il s’en foutait de réveiller les gens ! Mais faire 100 m à pieds était inconcevable ! Et pourtant, cette homme faisait parti des 10% de la population non-obèse…

Bref, les moteurs me pèsent ! Si j’ai l’occasion d’en discuter un peu avec un Ricain, je lui soumettrai ma « BMLD theory », selon laquelle Big Motor = Little Dick. J’ai hâte de savoir ce qu’ils en pensent !

  • Sur les routes, quand ils sont au volant de leur Big motor, la plupart des gens font preuve d’un civisme incroyable et sont réellement super précautionneux. En effet, que nous soyons sur la bande d’arrêt d’urgence ou directement sur la route, presque tous s’écartent de 2 bons mètres pour nous dépasser ! Et s’il y a quelqu’un en face, ils attendent tranquillou derrière, sans klaxonner, sans s’énerver, sans donner d’intempestifs coups d’accélérateur… Bien ! Safe !

D’autres points à venir dans les bilans futurs. Il est maintenant temps, suite à une avalanche de demandes… heu… attendez 2 secondes…

  • Béa ! Béa !
  • Ah non ! Tu ne vas encore pas me faire intervenir dans tes articles à la con !
  • Nan ! T’inquiètes ! C’est juste pour une question…
  • Bon, vas-y, pose.
  • Est-ce que pour 2 trucs on peut parler d’avalanche ?
  • … quoi ?…
  • Je veux dire… Bon… Par exemple, si je mets 2 gobelets l’un sur l’autres et qu’ils tombent ! C’est bien une avalanche ! Non !?
  • … ça y est ! J’en étais sûre ! Tu me gonfles… Je retourne nettoyer les vélos…

… Bon… donc, suite à une avalanche de demandes, le « Coin des jeux, énigmes, et autres mystères » est de nouveau mis en service sur ce blog !

 

 

Coin des jeux, énigmes, et autres mystères 

 

  • L’alligator

Un ! Un, comme Un seul alligator ! Nous n’avons vu qu’un alligator ! Et pas un gros, en plus ! Alors qu’on m’avait vendu la Floride comme le pays des Ali… Je m’attendais à marcher dessus, je m’attendais à en voir au moins…….. Tiens ! Oui d’ailleurs ! Première énigme : d’après-vous, combien m’attendais-je à voir d’alligator ? Et là ! Si vous trouvez ! Moi je vous dis bravo, et vive la mort !

 

  • Le petit frrrrrrrrrrruuuuitttt

Une gentille dame, dans le camping où nous glandons actuellement, nous a conseillé… excusez-moi…

… oui, nous a conseillé, donc, de goûter ces délicieux petits frrrrrruuiittttts… excusez-moi…

… oui, ces délicieux petits fruits, qui, en plus d’être délicieux, sont gratuits ! Il n’y a qu’à les cueillir et, de surcroit, ils…… excusez-moi…

… oui, et de surcroit, ils sont très efficaces contre la constipation ! Comment s’appellent-ils ?

  • Culture populaire générationnelle

Vous avez vu et lu que nous sommes passés à Arcadia… Et à chaque fois que je voyais un panneau « Arcadia » ou que je pensais à Arcadia, cela m’évoquait des souvenirs d’enfance… Mais une fois, quand j’ai vu « Arcadia », j’ai pensé à « Les aventures de Rabbi Jacob » ! Enigme 3 : quel rapport entre Arcadia et Les aventures de Rabbi Jacob ? J’attends un nom et le pourquoi de ce nom.

 

  • Mac Gyver

Premières petites bidouilles sur les vélos, rafistolages, bricolages bénins… Pour beaucoup de ces MacGyverries, j’utilise un petit objet hyper pratique et pas du tout destiné à ça. Personnellement, nous ne sommes jamais en peine pour trouver cet objet. Néanmoins, certaines personnes peu recommandables tels Romain B., Marie Brody, ou tous les A.A. notoires pourraient, eux, avoir plus de mal à dénicher ce petit objet si pratique… De quoi parlai-je ?