2016 : NORVEGE – Porsgrunn

Et voici donc le troisième (et dernier ?) post du voyage. Alors, où en étions nous ? gngngn … rando … gngngn … balade … gngngn … marche. Ah, oui, nous en étions donc là.

Donc arrivé sur la cote ouest, on croise régulièrement des plantations de pommiers et de cerisiers avec vente des fruits au bord de la route. On avise donc une table avec six ou sept barquettes de cerises et un parasol qu’on a posé là, plus pour les protéger de la pluie que du soleil. Personne ne tient le stand. Je sonne à la maison la plus proche, personne. Finalement, je me résous à me la jouer à la norvégienne. C’est-à-dire que tu te sers tout seul et effectivement, il y a une boite en plastique sur la table pour payer les fruits et éventuellement faire de la monnaie. Et tout le monde se plie à cette règle sans chourrer les barquettes et encore moins la boite avec l’argent. En tout cas, c’était une tuerie ces cerises.

Béa : « Je ne sais pas qui c’est qui sent l’urine… »

Sur la côte, on se retrouve rapidement obligé de devoir traverser en ferry les différents fjords.

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Nous montons  jusqu’au Sognefjord, qui est le plus long et qui s’enfonce de 204 kms dans le pays. Ouais, je sais vous vous en foutez mais vous penserez à moi si en ouvrant un apéricube, vous tombez sur la question : « quel est le plus long fjord d’Europe ». Bref, comme d’habitude c’est super beau et on arrive à Balestrand, un ancien lieu de villégiature très prisé il y a une centaine d’années.

 

C’est très calme, il n’y a pas grand monde. Du coup, on y reste quatre jours pour randonner comme des malades.

 

 

En plus, sur cette période il a fait super beau et il y a même eu une journée où il n’a pas plus du tout (si, si …) et j’ai même attrapé des coups de soleil sur les cuisses et les mollets.

 

 

Ca me fait penser que je n’ai pas fait de point bouffe. Parce que bon, quand même, c’est super important la bouffe dans un voyage. Donc, si on ne va pas en Norvège pour le soleil, on n’y va pas non plus pour la gastronomie. En général, les bleds sont composés d’un seul commerce : une station service, qui fait également épicerie, restauration rapide … Bref, on trouve donc très facilement des burgers, mais il vaut mieux mâcher longtemps pour bien en profiter. Pour un burger (certes bien garni) et des frites, il faut compter 130 à 160 KOR, soit environ 13 à 16€. Oui, oui, je parle bien par personne. A Balestrand, on repère un producteur de pommes qui fait du cidre et tient un restau, style ferme auberge. La formule est sympa puisqu’on choisit plein de plats différents, genre tapas, pour pouvoir gouter à plein de truc. Par contre, ça pique un peu au niveau de la note. On se partage les cinq verres de dégustation de cidre (qui feraient bien rigoler un normand), une cassolette de boulettes de mouton (on n’aime pas le mouton), une autre de knackis dans de la sauce marron, deux tranches de saumon fumé (ça c’était bon), du pain : 70 €. Arghh. Vive les petits plats mitonnés dans le camping car. Ceci dit, il y a quand même un truc que j’adore, ce sont les tubes de crevettes (style « rapid’asperge » mais à la crevette).

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Béa : « Tu ne me mérites pas ! »

Pierrot : « Qui te mérite ? A part une paire de tueurs en série… »

 

J’arrive à persuader Pierrot de quitter Balestrand car il y serait bien resté tout le reste du séjour, pour rejoindre le Oppland. C’est une région un peu plus à l’est au cœur de la Norvège. Je m’attendais à trouver des coins bien peinards avec moins de dénivelé.  Alors, oui, c’est moins haut, mais c’est aussi beaucoup moins beau et pour une raison qu’on ne s’explique pas, c’est blindé de touristes. Bref, on reste une demi journée à Fagernes parce qu’il fait moche et qu’on en profite donc pour faire du shopping. A toi l’écriture bleue :

Le SHOPPING : où il est démontré que les vieux adages que l’on croyait réservés aux cyclo-randonneurs tiennent tout aussi bien la route quand ils concernent les Fourgonautes.

Le lecteur se souvient certainement de cet adage que les Terr’Ailleurs s’approprièrent pour se définir : « Y sont cons, mais ça grimpe ! »…

  • C’est pas parce que tu es en train de lire Dumas que tu es obligé d’écrire comme ça ! C’est pénible…
  • Non Mâdâme… Ce n’est pas pénible ! Je suis sûr que beaucoup de lecteurs trouvent ça très beau !
  • Ben moi, je trouve ça pénible !
  • Ah bien sûr, dès que c’est un peu recherché… C’est parce que tu ne lis pas Dumas !
  • T’es con con ou quoi ! Je viens de le terminer et c’est moi qui te l’ai conseillé…
  • Nia, nia, nia, toujours quelque chose à ajouter… Super niveau…
  • Merde ! Finis ton post !

 

J’en étais donc à évoquer notre maxime proverbiale que vous êtes censés ne pas avoir oubliée : « Y sont cons, mais ça grimpe ! »…

 

  • Faut dire aussi que pour l’avoir oublié, il faudrait vraiment être con, vu qu’elle est en gros en haut de chaque page du blog !
  • Ah ! Bordel ! Tu fais chier ! Je peux écrire oui ou merde !
  • Hola, hola, hola ! Tout doux, tout doux ! Vas-y, écris le ton prix Goncourt…

 

Reprenons… « Y sont cons, mais ça grimpe ! »… Eh oui ! Pour grimper, ça grimpe ! En Norvège, rien n’est plat ! La moindre petite balade, circuit vert, réservé aux femmes enceintes, paraplégiques en fauteuils, invalides de guerre ou États-Uniens, c’est, minimum, 300 m de dénivelé pour une heure et demi de promenade. Et je peux vous dire qu’on les a enquillés les trips ! Trois heures par ici, cinq heures par là, en passant par les deux heures de « décrassage » (qui ré-encrassaient plutôt)… Alors oui ! Je ne sais pas combien de km de dénivelé ont été accumulés, mais les Terr’Ailleurs, ça grimpe encore pas mal.

Mais, revers de la médaille, Y sont toujours aussi cons…

Pour preuve ce magasin de luminaires (d’où le « shopping » du titre) dans lequel Béa, toute émoustillée par ces « splendides objets d’art contemporain à la simplicité toute scandinave », m’entraîna à mon corps défendant. Et voilà qu’à peine entrés dans le magasin, Béa se met à pâmer, me tire par le bras en poussant des petits cris de hyène :

  • Hi ! Hi ! Hi ! Regarde ce petit lustre, forme chapeau chinois en inox brossé ! Quelle simplicité toute scandinave !
  • Ouais, il est sympa… C’est combien ?
  • Attends, je regarde… Hi ! Hi ! Hi ! Incroyable ! C’est seulement 190 Nok !
  • Ouais… ça fait une vingtaine d’euros, ça va encore…
  • Ça va ? T’es complètement malade ! Pour un objet d’art contemporain ? A la simplicité toute scandinave ? C’est donné oui !
  • Faisons le tour du magasin. On verra à la fin si tu veux le prendre. De toute façon, on s’en fout, on n’est plus limités par les sacoches…

Un tour de magasin plus tard, on se rendait compte que tout le reste de la camelote (de très belle facture, et d’une simplicité etc.) coûtait un peu « the skin of the butt », comme on dit outre Atlantique,  et qu’effectivement, le premier lustre était très bon marché…

Béa, décidée comme jamais, se dirige donc hardiment vers la vendeuse (un peu « prout-prout ») du magasin pour lui signaler sont intention formelle et inébranlable d’acheter cette splendide œuvre d’art. La vendeuse, un peu déçue par la modestie de la pièce, garde son professionnalisme, retourne le lustre pour nous montrer l’ampoule qui y était fixée en nous demandant si nous désirions également acheter la susdite ampoule. Suite à mes discrets gestes de refus, Béa décline l’offre plus intéressée que galante de la maquignonne. Cette dernière se dirige donc, l’air plus pincé que jamais, vers la réserve d’où elle ramène l’objet tant convoité. Ce n’est qu’en voyant le prix affiché sur la boîte que nous commençons à tiquer : 750 Nok… Béa, perdant alors tout son anglais, qui frôle pourtant le parfait bilinguisme, se met à bafouiller en imitant Bernardo qui veut faire comprendre à Zorro que quelque chose ne va pas : grands gestes saccadés, yeux qui roulent, montrer le prix, montrer le lustre d’exposition… Rigolo… Zorro comprend et se dirige avec Béa vers le lustre d’exposition. Quand Béa lui montre l’étiquette marquée 190 Nok, la vendeuse de répondre :

  • Mais madame, le prix du lustre est inscrit juste derrière… ça, c’est le prix de l’ampoule !

 

On remet donc les voiles et on décide de suivre les conseils du guide du routard qui faisait l’éloge de la vallée de Numédal et des quatres églises en bois debout qui la jalonnent (églises construites entièrement en bois datant souvent du 11e ou 13e siècle).

P1140122Celle de Heddal claque beaucoup plus

 

Mouais, ben d’un coup, je me dis qu’on a tourné dans le mauvais sens. Eventuellement, on aurait commencé par cette région, on aurait apprécié, mais là, on finit par être un peu déçu. Finalement, on décide de reprendre la route du Telemark et d’y finir le séjour.

 

On crapahute encore dans le secteur jusqu’à ce que nos cuisses, nos rotules, nos tendons crient grâce.

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Du coup pour soulager nos organismes, on s’est trouvé une nouvelle super activité.

 

La vache, c’est malin, maintenant je n’ai plus de bras.

 

Demain, on reprend le bateau. Retour au bercail dans 3 ou 4 jours

Pierrot : « Hummm ! Tu sens les nouilles ! »

 

 

LA FIN : où l’on apprend ce qui a plu et ce qui a déplu à nos deux héros lors de ce voyage scandinave.

 

Nous avons maintenant, après un mois passé sur place, ou peu s’en faut, suffisamment de recul pour faire deux listes. Les points négatifs d’abord, les points positifs ensuite (c’est plus gai dans ce sens là !) Le tout sera bien sûr suivi d’une synthèse aussi lumineuse que transcendante, pour tous ceux qui espère visiter ce pays un jour, ou, tout simplement, pour les gens de goût…

  • Bref, tu fais un bilan quoi…
  • Vache ! T’es désagréable aujourd’hui, toi !

 

  • Les trucs nuls (ou médiocres, ou chiants, ou déplaisants, ou moyens…)
  • La nourriture. Une de nos grandes joies de vacances (la découverte des produits locaux, de nouveaux goûts, des petits restaurants typiques, etc.) a été absente lors de ce voyage. Néanmoins, je m’attendais à pire ! La Norvège, c’est mieux que l’Islande à ce niveau ! Mais bon, avec un stock d’épices, d’oignons, de bocaux du terroir, de pâtes italiennes, et 3 ou 4 cartons de vin (judicieusement cachés dans le fourgon), on s’en sort…
  • La faune. Absente. Quelques oiseaux (pies, corneilles mantelées, échandons…), un renard, un cheval, et les centaines de chiens des touristes (mal éduqués). Vachement décevant. Ni rennes, ni castors, ni tétras, ni phoques, ni licornes, que dalle !
  • La météo. Alors attention ! Je ne suis pas franchement déçu, parce que je m’attendais à bien pire. On a quand même eu beaucoup de journées ensoleillées, et seulement 3 ou 4 jours durant lesquels il n’a pas arrêté de pleuvoir. Une grosse amplitude thermique (de 8 à 28°) et seulement une nuit avec chauffage (Béa a profité que je dormais pour aller le mettre…) Mais je mets quand même la météo dans les points négatifs, parce qu’en juillet, on ne dirait pas non à des températures iraniennes (Mashad est peut-être sèche, mais qu’est-ce qu’on y est bien !)
  • La tranquillité. Du moins, la tranquillité sur les routes, dans les bleds ou dans les campings. Je m’attendais vraiment à être peinard en Norvège, très souvent seuls au monde, mais non ! En été, il y a du monde partout ! Et pourtant, on s’est arrangé pour éviter tous les endroits les plus touristiques… Il faut aussi prendre en compte que notre seuil concernant la surpopulation est très très bas. Alors d’accord, ce n’est peut-être pas la Côte d’Azur (même si j’aurais du mal à le savoir, n’y ayant jamais foutu les pieds), mais je m’attendais à mieux.
  • Ça grimpe de trop !
  • Les routes sont trop étroites !
  • T’as fini de chougner dans MON bilan !
  • Les spots. Beaucoup plus difficile qu’on ne le pensait de trouver des petits endroits tranquilles où poser son fourgon pour la nuit. Toujours trop près de la route, interdit à la nuitée, ou derrière une barrière de péage. Moralité, nous n’avons fait, à peu près, qu’une nuit sur deux en « sauvage ».

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  • Le coût de la vie. Caraï ! Faire les courses coûte environ 1,5 fois plus cher qu’en France. Tous les campings que nous avons fréquentés étaient entre 20 et 28 euros la nuit.

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  • Les trucs supers (ou sympas, ou biens, ou honnêtes, ou passables…)
  • Les paysages. Quasiment aussi beaux que dans les Ardennes ! Pas de coins moches. Du campagnard bucolique au montagneux sauvage, en passant par les lacs et Fjords vertigineux ! C’est l’attrait n° 1 du pays !
  • Les balades. Ouèche ! Ouèche ! Ça c’est de la rando ! Les plus belles balades du monde (faut dire, ça va de paire avec les paysage…) Et là, pour le coup, on est bien peinard. Quand on croise 3 ou 4 personnes sur une marche de 5 heures, c’est le bout du monde. Seuls points noirs, ce sont très souvent des allers-retours, et il faut vraiment avoir le pied sûr et être bien chaussé.

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  • Le silence. Partout (sauf au bord des routes les plus passantes). Mais, du soir au matin, et surtout la nuit, tous les jours de la semaine et même le week-end, en balade, dans les villes, dans les campings (même quand il y a du monde)… le SILENCE ! Assourdissant ! On adore.
  • Les Norvégiens. Plutôt sympas, confiants, pas causants, à peine un bonjour, souvent un sourire. Ils ne viennent jamais t’entreprendre, ne veulent pas savoir d’où tu viens, où tu vas, ce que tu fais comme boulot, se foutent de vous donner leur avis sur le temps qu’il fait… Le SILENCE ! On adore. D’autres, les « animaux sociaux » comme on les appelle, mettraient peut-être ça dans les « trucs nuls », nous, non…

De plus, le système social norvégien nous plait bien. On voit par exemple des femmes à la voierie, éboueuses, bucheronnes, etc. L’égalité semble vraiment acquise et naturelle, ça fait du bien, surtout quand on lit des blogs sur l’Iran… En plus, je n’en suis pas certain, mais je suis prêt à parier mon dernier slip propre, l’égalité des salaires doit aussi être effective.

  • La forêt. Encore très présente dans le pays (plus de 25% du territoire). J’aime beaucoup les arbres, ils sont très gentils et ils sentent bon… J’apprécie également leur silence…
  • La propreté. Tout est nickel. Pas de merdes de chien, pas de paquets de chips qui traînent, pas de publicités dans les villes, pas d’affiches du FN… C’est chouette.

 

  • Synthèse

La Norvège est un pays du Nord, peuplé par des Germains de la Mer du Nord. C’est amusant de constater que le bilan de la Norvège est presque exactement l’inverse de celui de l’Argentine. Presque tous les points négatifs de l’un sont les positifs de l’autre et vice versa ! Hasard ? Coïncidence ??? Ne soyez pas naïfs ! Réfléchissez, soyez plus malin que le « système » ! A votre avis, si on prend un globe et qu’on le perce d’une longue aiguille sur la Norvège… Quel pays est exactement antipodal ? Où l’aiguille ressort-elle ? Où ? Où ????

  • Ben, moi, je dirais… Quelque part dans le Pacifique ? Non ?
  • ???
  • Ben, ouais, y’a des chances… Non ?
  • … bordel ; attends je vérifie………… Punaise, oui, c’est ça… T’avais vraiment décidé de me pourrir mon post aujourd’hui, toi !!!!

Bon, voilà. Fin de la synthèse. Merci qui ? Merci Béa.

 

 

LE COIN JEU ET DETENTE INTELLECTUELLE

Allez, 3 petites énigmes pour se quitter bons amis.

 

  • Géo : Puisque la Norvège n’est pas aux antipodes de l’Argentine, quels pays le sont ?

 

  • Lettres : J’ai parlé tout à l’heure de « silence assourdissant ». Comment s’appelle cette figure de rhétorique ? (Celui qui regarde sur internet n’aura pas de récompense !)

 

  • SVT : Comment s’appelle cette charmante petite fleur qui me fait penser (en plus élégant) à notre bon vieux pissenlit ?

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